Dans le cadre des activités marquant son Jour anniversaire, le 6 novembre, le Musée des Arts Décoratifs organise cette année, comme chaque année depuis sa fondation en 1950, une grande exposition analytique qui, accompagnée d’un travail d’étude publié dans le catalogue, ouvre un nouveau chapitre et approfondit les recherches dans le domaine des arts décoratifs en Serbie. Cette année nous avons le plasir de présenter l’exposition Nemoguce – l’art du surréalisme. C’est pour nous une satisfaction d’autant plus grande que son auteur, le prof. Milanka Todic, aujourd’hui professeur à la Faculté des arts décoratifs de Belgrade, a débuté sa carrière précisément dans notre Musée où elle s’est très rapidement intéressée, dans le cadre de son travail à la tête du département – papier, à la collection de photographies du Musée, dont elle est devenue un des meilleurs connaisseurs et interprètes par son travail d’étude et de recherche. L’épine dorsale de l’exposition même est ainsi constituée par la collection de photographie de Nikola Vuco, aujourd’hui conservée au Musée. Mais l’exposition suit également l’activité artistique des autres protagonistes du surréalisme belgradois tels que A. Vuco, D. Matic, M. Ristic, Dj. Jovanovic, V. Zivadinovic –Bor, R. Zivanovic–Noe, K. Popovic et d’autres. Le public de Belgrade aura ainsi l’occasion de voir pour la première fois, grâce à cette exposition, leurs photographies, dessins, collages et objets, et de lire dans l’étude qui l’accompagne les nouvelles données sur l’activité créatrice des surréalistes belgradois et sur leur héritage avangardiste.

A travers cette exposition et la rédaction de son étude, le dr Milanka Todic a ainsi écrit la « première histoire complète de cet important phénomène » dans l’art serbe du XXème siècle. En plus du catalogue l’exposition est accompagnée par une réimpression des publications surréalistes – l’almanach « Nemoguce – L’impossible » de 1930 et la revue « Nadrealizam danas i ovde » de 1931–32. On notera que cette exposition consacrée au surréalisme serbe vient peu de temps après plusieurs grandes expositions surréalistes organisées par le monde (Londres, New York, Paris), tout comme le surréalisme serbe était lui–même rapidement apparu quelque temps après la création de ce mouvement en France, avec lequel il s’est avéré très proche par son esprit. Toutefois « tant par sa composante littéraire que par sa composante visuelle le surréalisme belgradois possède suffisamment de qualités originelles et autonomes pour apparaître comme un phénomène d’importance européenne et un des principaux phénomènes européens survenu dans le cadre de la culture serbe au XXème siècle ». Lorsqu’il est question du surréalisme, il existe, il faut croire, un « lien mystèrieux » qui, à ce qui semble, rapproche constamment les voix de la créations et des idées suivies en Serbie et en Europe.

Pour conclure, tout en exprimant sa satisfaction d’avoir été associé à la réalisation de l’ensemble de ce projet, le Musée tient également à remercier son auteur, Milanka Todi', pour la qualité de son amicale collaboration. De même, le Musée se joint à Milanka Todi' pour exprimer toute leur reconnaissance aux personnes nous ayant apporté leur précieux concours : Jelena Jovanovic, le prof. Aleksandar Kostic, au dr Jelena Vuco, à Vladimir Maruca, Milos Jurisic, Brana Tomic, Gordana Radojcic–Kostic, Monika Faber, Anemarie Türk, Miodrag B. Protic, au prof. Aleksandar Grubic, le prof. Dejan Milovanovic, le prof. Branko Aleksic, Vojislav Voja Mitrovic.

Enfin, il coinvient de signaler que sans la collaboration du Musée d’arts modernes, de la Bibliothèque et des Archives de l’Académie Serbe des sciences et des Arts, de la Bibliothèque de l’Université «Svetozar Markovic », du Centre d’art contemporain de Belgrade, ainsi que sans le soutien de Jovan Despotovic et du Ministère de la culture et de l’information de la République de Serbie l’ensemble de ce projet n’aurait pu être mené à bien aussi efficacement.

Ivanka Zoric, directeur